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Qui suis-je?

Titulaire d’un Master de Conception de Projet en Eco-Développement et de formations professionnelles sur le Bilan Carbone, l’éco-conception, la gestion durable des déchets, la maîtrise de l’énergie et les achats éco-responsables, votre serviteur est un expert africain de la croissance verte et de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Il a publié plus de 100 chroniques sur les opportunités du social-green business en Afrique.

Il est le Directeur de A2D Conseil www.a2dconseil.eu

Il est le Co-fondateur de l'Institut Afrique RSE www.institut-afrique-rse.com

Depuis 2011, l'Institut Afrique RSE organise chaque année en partenariat avec une organisation patronale africaine, le forum international des pionniers de la RSE et la croissance verte en Afrique. Cette importante rencontre ambitionne de devenir la plate-forme de référence de l'économie responsable en Afrique.   

Contact: thierry.tene@a2dconseil.eu

Que puis-je faire pour vous?

  • Conception et mise en place de stratégie de croissance verte et de social-green business

  • Formation et renforcement de capacité

  • Assistance dans la réalisation de Plan Climat

  • Diagnostic des émissions de Gaz à Effet de Serre (Bilan Carbone) et stratégie carbone

  • Economie industrielle, éco-conception et économie circulaire

  • Démarche RSE (Responsabilité Sociale et Environnementale)

  • Montage de projet MDP (Mécanisme de Développement Propre)
Samedi 1 octobre 2011 6 01 /10 /Oct /2011 08:25

Les entreprises chinoises sont-elles les moins respectueuses des pratiques de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) en Afrique ? Avant le décryptage d’un sujet qui fait polémique, il est important de mettre en perspective les enjeux de la percée chinoise en Afrique.


Chine – Afrique : une coopération fructueuse qui bouscule les partenaires historiques 


Chine !!!! Ce pays est désormais intimement associé à l’Afrique. Des conférences aux interviews en passant par des points de vue dans les médias et les rapports sur le continent africain, difficile d’échapper à la Chine. A raison bien sûr. Selon les prévisions de la Standard Bank d’Afrique du Sud, premier établissement de crédit en Afrique, les investissements chinois en Afrique sont susceptibles d’augmenter de 70% par rapport à 2009 pour atteindre 50 milliards de dollars (USD) d’ici 2015, tandis que le commerce bilatéral entre la Chine et l’Afrique atteindrait 300 milliards de dollars d’ici cette même année. A l’exception de quelques critiques, il y a également une convergence sur la nécessité pour l’Afrique d’élargir son partenariat avec les Economies Emergentes. C’est d’ailleurs la conclusion de la dernière édition du rapport Perspectives Economiques en Afrique.


A l’initiative de la Banque Africaine de Développement, du Centre de Développement de l’OCDE, le Programme des Nations Unies pour le Développement et la Commission Economiques des Nations Unies pour l’Afrique, cette publication indique que les pays africains devraient resserrer leurs liens transfrontaliers et renforcer leur intégration économique, afin de tirer pleinement les bénéfices des relations avec leurs partenaires traditionnels et les pays émergents, et ainsi favoriser leur croissance durable et inclusive. Les chiffres confirment également la vaste offensive des Emergents. En 2009, la Chine a dépassé les États-Unis et est devenue le principal partenaire commercial de l’Afrique. Par ailleurs, la part des échanges de l’Afrique avec les pays émergents a sensiblement augmenté au cours des dix dernières années, passant de 23 % à 39 %. Les cinq pays émergents partenaires de l’Afrique les plus importants sont dorénavant la Chine (38 %), l’Inde (14 %), la Corée (7,2 %), le Brésil (7,1 %) et la Turquie (6,5 %).

 

Changer de regards sur les relations Chine-Afrique : une urgence pour l’Occident et certains africains

 

Démystifier les relations entre la Chine et l’Afrique pour dépassionner le débat sur la nature du partenariat sino-africain. C’est l’exercice qu’ont réussi avec succès dans le quotidien français Le Monde[1] daté du 6 juin l’économiste Jean-Philippe Stijns et Helmut Reisen, Directeur de recherche au Centre de développement de l'OCDE. Face à des critiques parfois exagérées de nos partenaires traditionnels, cette analyse est fortement recommandée pour les sinophobes qui voient d’un mauvais œil la coopération fructueuse entre la Chine et l’Afrique notamment le paragraphe suivant : « Le terme d'"aide crapuleuse" (rogue aid, en anglais) est aujourd'hui clairement inadéquat pour caractériser la coopération des nouveaux partenaires, en particulier la Chine, avec les pays pauvres d'Afrique. Ce concept apparu dans le prestigieux magazine américain Foreign Policy au début 2007 véhicule plusieurs idées reçues sur l'impact de cette aide d'un type nouveau : détérioration des normes de gouvernance en Afrique, ré-endettement, désindustrialisation, acculement à la production de produits de base non transformés, etc. Ce faisant, le concept est triplement inadéquat : non seulement ce qu'offrent ces nouveaux partenaires n'est pas vraiment de "l'aide", mais de surcroît ils ne se conduisent pas en "crapules", pas plus qu'ils ne sont perçus comme tels par les africains eux-mêmes. » A bon entendeur.


A la question de savoir quels partenaires économiques aident le plus efficacement les pays africains dans la réalisation de leurs objectifs de développement ? Les auteurs répondent en effet que les nouveaux partenaires sont perçus, sur place, comme plus efficaces que les partenaires traditionnels ou les institutions multilatérales dans les domaines de l'infrastructure, y compris l'eau, le transport et l'énergie, et de l'innovation. Ces résultats sont d'autant plus frappants quand on considère les efforts des donateurs traditionnels dans ces domaines. Au lieu de se focaliser sur les supposés ratés de la relation entre la Chine et l’Afrique, il y a sûrement beaucoup mais ils seront résolus par les africains eux-mêmes, nous suggérons à nos partenaires historiques de tirer profit des avantages de la méthodologie chinoise pour améliorer leurs stratégies africaines.


Par ailleurs, il revient également aux décideurs africains de fixer le cadre de la coopération avec les différents partenaires comme l’affirme Mario Pezzini, Directeur du Centre de Développement de l’OCDE « De nouveaux partenaires amènent de nouvelles opportunités aux pays africains. Pour tirer pleinement les bénéfices de cette nouvelle situation, il est impératif que les priorités nationales de développement et les objectifs en matière d’échanges, d’aide et d’investissements soient clairement définis ». La Responsabilité Sociétale des Entreprises et l’Investissement Socialement Responsable peuvent servir de critères pour la sélection des partenaires lors de projets structurants.

 

RSE : dénominateur commun d’une stratégie win-win entre la Chine et l’Afrique

 

La relation que nous avons avec la Chine est complexe, tel est la confidence du patron des patrons d’une représentation des employeurs en Afrique. Avant de poursuivre « les chinois déversent en Afrique des produits de mauvaise qualité à faible coût. Ceci est un véritable handicap pour notre industrialisation mais il répond aux besoins des populations pauvres ayant un faible pouvoir d’achat. De même pour les projets d’infrastructures, les chinois ramènent des cadres et ouvriers. Ce qui limite l’embauche des locaux ainsi que le transfert de compétences mais dans le même temps, la forte demande du continent dans le domaine des infrastructurels exige d’aller très vite dans la mise en œuvre des projets grâce aux cadres et ouvriers qualifiés et immédiatement opérationnels. » Cette affirmation résume bien les contraintes et opportunités des relations sino-africaines. On pourrait aussi rajouter que les énormes moyens financiers déployés par la Chine en Afrique qui exige en retour la sélection de ses entreprises pour la réalisation des projets ne facilitent pas l’émergence d’un tissu économique locale et fausse les règles de la concurrence au détriment des entrepreneurs locaux.


Mais face aux critiques sur la prise en compte des critères de gouvernance, aux impacts sociaux et environnementaux de leurs investissements, Pékin ne peut pas rester sourd à la nécessité d’un réajustement de son mode opératoire en Afrique. Nous pensons que la Responsabilité Sociétale des Entreprises avec ses composantes RSE subie, RSE stratégique et RSE régulée peut servir de socle à un développement économique durable de l’Afrique. Dans le cadre d’une stratégie win-win s’appuyant sur la RSE, la Chine qui est également confrontée aux problèmes sociaux et environnementaux liés à sa forte croissance peut non seulement trouver en partie des solutions de ses menaces en Afrique mais aussi impulser une coopération plus fructueuse avec le continent. Cette suggestion mérite d’autant plus réflexion qu’il existe actuellement en Chine une véritable offensive dans le domaine de la Responsabilité Sociétale des Entreprises.

 

Article paru dans l’hebdomadaire économique Les Afriques N° 171 du 21 au 27 juillet 2011

Par Thierry Téné
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Commentaires

Excellente Analyse, il ne reste plus aux africains qu á proposer, adopter et faire Effectivement appliquer les strategies RSE leur permettant de durablement tirer le meilleur de leurs echanges avec les nouveaux partenaires et quant aux partenaires historiques, de proposer mieux sinon de circuler et si possible de ne surtout pas faire la morale.
Commentaire n°1 posté par ghislain ADJOVI le 01/10/2011 à 13h01

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