Partager l'article ! RSE Subie, risque majeur pour les entreprises en Afrique: Peut-on être un îlot de richesse dans un océa ...
Titulaire d’un Master de Conception de Projet en Eco-Développement et de formations professionnelles sur le Bilan
Carbone, l’éco-conception, la gestion durable des déchets, la maîtrise de l’énergie et les achats éco-responsables, votre serviteur est un expert africain de la croissance verte et de la
Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Il a publié plus de 100 chroniques sur les opportunités du social-green business en Afrique.
Il est le Directeur de A2D Conseil www.a2dconseil.eu
Il est le Co-fondateur de l'Institut Afrique RSE www.institut-afrique-rse.com
Depuis 2011, l'Institut Afrique RSE organise chaque année en partenariat avec une organisation patronale africaine, le forum international des pionniers de la RSE et la croissance verte en Afrique. Cette importante rencontre ambitionne de devenir la plate-forme de référence de l'économie responsable en Afrique.
Contact: thierry.tene@a2dconseil.eu
Conception et mise en place de stratégie de croissance verte et de social-green business
Formation et renforcement de capacité
Assistance dans la réalisation de Plan Climat
Diagnostic des émissions de Gaz à Effet de Serre (Bilan Carbone) et stratégie carbone
Economie industrielle, éco-conception et économie circulaire
Démarche RSE (Responsabilité Sociale et Environnementale)
Peut-on être un îlot de richesse dans un océan de pauvreté ? Une organisation peut-elle vivre dans l’opulence quand ses voisins n’arrivent pas à subvenir aux besoins de base ? Comme s’identifier entreprise « citoyenne ou responsable » dans un environnement pollué ou sur un territoire corrompu? Est-il envisageable d’exploiter ad vitam aeternam des matières premières sans la prise en compte des limites physiques du gisement et de la nécessité de créer la valeur ajoutée dans le pays ? La croissance exponentielle du Chiffre d’Affaires et des revenus des cadres est-elle pérenne dans un contexte de diminution du pouvoir d’achat des salariés et de flambée des prix des produits de première nécessité? Voilà quelques questions centrales à creuser par les entreprises présentes en Afrique.
Dans le cadre de la mise en œuvre de la Responsabilité Sociétale des Entreprises dans les Pays en Voie de Développement, nous partageons les thèses du Professeur Luciano Barin Cruz (rencontré récemment à HEC Montréal) qui estime, qu’il faut trouver un équilibre entre une « RSE régulée » impulsée par les Etats et une « RSE stratégique » mise en œuvre volontairement par les entreprises. Dans le contexte africain, nous estimons qu’il faut en plus que les entreprises anticipent dans leur business modèle une « RSE subie ».
Nous avons identifié plusieurs secteurs d’activités qui présentent des risques majeurs face à la RSE subie en Afrique. Il s’agit des industries minières, des télécoms, des entreprises agro-alimentaires, des forestiers, de l’industrie pétrolière et gazière, des entreprises textiles, du BTP, des institutions financières, des entreprises de transport et de logistique. Cette RSE subie se manifeste prioritairement autour de cinq enjeux principaux : indigénisation ou partage « équitable » des richesses, la pression constante des voisins, industrialisation et création de la valeur ajoutée en Afrique, internalisation des externalités environnementales et ressources humaines, pour les patrons aussi c’est RSE ou DEGAGE.
Pour la sécurité des investissements et la durabilité de l’entreprise, il est nécessaire d’assurer une veille stratégique sur ces 5 enjeux principaux pour anticiper les risques et saisir les opportunités. Dans une Afrique qui émerge et se positionne comme la nouvelle frontière de l’économie, les entreprises sont condamnées à INNOVER pour que création de la valeur économique rime avec préservation des ressources, partage des richesses, lutte contre les pollutions et justice sociale. Une telle démarche avant-gardiste a permis à une poignée d’entreprises africaines pionnières l’amélioration de leur productivité, l’accès à de nouveaux marchés, la consolidation des partenariats commerciaux avec la clientèle et la chaîne d’approvisionnement, l’amélioration de leur image, le maintien des cadres de haut-niveau, augmentation du chiffre d’affaires, des relations de bon voisinage avec les communautés locales et une amélioration du dialogue social avec les salariés au sein de l’entreprise.
Transformer les menaces de la RSE subie en opportunités de la RSE stratégique (green business, Bas de la Pyramide et Social Business) tout en anticipant la RSE régulée n’est plus un mythe mais une réalité en Afrique. Grâce au benchmark, nous avons identifié des entreprises africaines exemplaires qui peuvent servir de modèle pour les autres.
Par contre, ignorer la RSE subie, c’est courir de graves risques sociaux (fortes tensions sociales autour de SOSUCAM au Cameroun et saccage d’un site minier par les populations au Burkina Faso) pouvant aller jusqu’au dépôt de bilan (le groupe LEONI en Tunisie). Des risques environnementaux avec des procès pour réparer la pollution (Shell au Nigeria, AREVA au Gabon). Des risques économiques avec des procès devant les Points de Contacts Nationaux (PCN) des Pays de l’OCDE pour le paiement de plus d’impôts (l’entreprise minière MOPANI de Zambie subit un recours devant les PCN au Canada et en Suisse), l’obligation de transformation sur place du bois (ROUGIER et les entreprises forestières au Gabon), la répartition du capital (loi d’indigénisation au Zimbabwe : obligation de céder 51 % du capital de l’entreprise à l’Etat et aux noirs) ou les menaces sur les bénéfices et les risques de nationalisation (SONATEL au Sénégal et les entreprises de Telecom en Afrique)
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